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mardi 2 février 2010

My dream is to fly high, high, high...coup de pompe à maisons laffitte


Bon akahaw, yezzi, w9ayet...je me traîne de lit en lit, de canapé en canapé...'tu sors ce soir?' -Mouais je vais voir...il fait froid, il pleut, il neige, les transports sont en grève, je peux pas rentrer tard... et en veux tu, en voilà des excuses pour ne rien faire...pffff malla fadda

Coup de pompe qu'ils disaient du mois de Janvier, et puis bien sur, il y a celui du mois de novembre, de la fin d'année, de février, de l'avant printemps et hakeka jusqu'au printemps. Dites plutôt que l'hiver à Paris c'est nul à chier, que pour supporter leur gueule qui font la gueule tous les matins au métro, leur grèves sans cesse, et tous les prob autour, eh ben ils nous faut du soleil...eh oui, ils n'y avaient pas pensé!!! Que la méditérannéenne que je suis refuse cet état de lugubrité...

Alors je me lance dans la remise en conditions physique, kima konna fel lycée. a coup de : vitamines, compléments alimentaires, fruits et légumes, produits laitiers et ...kahaw

et puis pr le sport, j'attends le printemps quand meme. Je ne peux pas courire par moins 3 moi!! non mais!

za3ma je vais tenir le coup d'un régime alimentaire mnadhem? :O
khater l'étape d'après est plus dure si je réussis celle...ama je vous en parlerai une autre fois :p

jeudi 28 janvier 2010

remise en état?

Oui oui, j'ai reçu une petite critique qui m'aurait remontée les bretelles un peu sur mes écrits. Venant en plus d'une personne très chère...Elle trouve que mes écrits manquent de profondeur et que je ne laisse pas beaucoup d'espace pour les lecteurs pour qu'ils puissent découvrir les personnages...ouais...par ailleurs je trouve qu'elle a quelque part raison...disons que cela fait une petite période que je me penche sur cette thématique: mes personnages perdent un peu de leur intérêt :/
alors oui je prends mon temps pour retravailler mes récits...elle dit que sinon il y a de la matière alors...oust au boulot !!!! I'll be backkkkk

mardi 19 janvier 2010

When the sun goes down (11)


Meriem ou les rendez-vous manqués

Il était 3h13 du matin et Meriem roulait dans Paris comme une somnambule. Elle connaissait parfaitement ce chemin qui menait jusqu’à son appart. Elle alluma la radio qu’elle détestait tant et faisait semblant d’écouter une émission qui avait pour sujet de discussion ‘est ce que les filles préfèrent les garçons poilus ou pas’

« Mais quelle connerie !! » Elle s’étonna qu’il y ait des gens à cette heure qui appelait pour parler des poils de leur torse ou pire encore de ceux de leurs organes génitaux. « Ils doivent vraiment être insomniaques, insociables, frustrés et profondément débiles »

La route lui sembla tout de même longue. Et au fil des discussions interminables au tour du forum de minuit, elle eut le temps de se repasser le film de la soirée en tête.

Arrivée chez elle, elle s’affala sur son grand lit, sans prendre la peine d’enlever ses chaussures. Une colère intérieure l’émergea, pourquoi diable ne lui avait-il même pas proposé de rester dormir elle aussi ? Ca n’aurait pas été la première fois. Et puis il y avait de la place et –B- était son amie. Lui, il la connaissait à peine. Et si ce n’était pas elle qui le lui avait présenté, -B- n’aurait peut être pas autant confiance en lui et ne serait pas restée. Et puis vu comment se déroula la soirée chez lui, il aurait très bien pu lui proposer de rester. Ils étaient tellement en harmonie tous les trois.

Chez lui tout était comme elle le connaissait, comme elle l’avait connu des années avant. Ca sentait un petit parfum d’intérieur. L’appartement se trouvait quelque part dans le 15ème, au 3ème étage d’un immeuble art déco. A l’intérieur, un mélange étrange de cette architecture avec un minimalisme qu’elle lui connaissait donnaient lieu à un endroit très inspiré. L’ensemble restait malgré tout très épuré et les bougies qu’il aimait décoraient toutes les pièces. Du paillasson à l’entrée et jusqu’au tapis de la salle de bain, on sentait à quel point cet homme était dans le détail. Elle l’avait souvent traité de maniaque. Ils se sont tellement embrouillés pour des histoires d’excès d’hygiène. Elle le traitait de malade, mais au fond, elle aimait ça. Du moment qu’il ne se mêlait pas de sa façon de vivre, ça l’arrangeait. Toujours est-il que quand ils vécurent ensemble pour quelques semaines, ils semblaient avoir trouvé le bon compromis : il mettait sur le tableau, et par ordre de priorité ce qu’il attendait qu’elle fasse et sur un autre ce qu’il faisait lui-même. Ainsi, elle s’efforçait souvent à accomplir l’essentiel et selon son humeur, elle rallongeait parfois la liste quand elle avait envie de lui faire plaisir. De la même manière, il lui arrivait de faire à sa place certaines choses. Tous ces souvenirs lui revinrent à l’esprit, quand ce soir là ; il leur fit la visite à elle et –B-, et elle fit semblant d’avoir oublié.

-Meriem, un verre de vin ? Lui lança-il en débouchant la bouteille
-Oui, mais tu m’en verses rien qu’un peu. Je dois conduire tout à l’heure.
Elle s’était dit que ça aurait été le moment idéal pour qu’il l’invite à rester, il lui aurait simplement dit de boire à son aise et de rester dormir pour ne prendre aucun risque, mais il lui versa juste deux doigts en seule réponse à sa pensée.
-Voilà, et toi –B- ? Un verre de vin aussi ?
-B- le regarda quelques instants, elle réfléchit, hésita un peu puis répondit comme spontanément :
-Oui, pourquoi pas…oui un verre de vin. Merci.
Elle pensa qu’au bout du compte, ce serait peut être une expérience qui lui ferait du bien dans son état. Elle s’est autorisée à boire exceptionnellement, parce qu’elle n’était pas seule, qu’elle était bien entourée et qu’elle avait besoin d’oublier un an de sa vie.

Naturally

Tout coulait de source, les mots sortaient liquides, limpides. Les regards s’entrechoquaient, s’entre caressaient, s’entre balançaient. Les gestes dansaient sur un rythme saccadé mais synchronisé. Elle se laissa aller à ce sentiment de béatitude mélancolique, un moment presque artistique, tellement mélancolique mais jouissif, où elle se dévoilait à –M-,. Ils partagèrent le plus important dans sa vie : ses pensées et son désir.

Elle lui parla de ses envies, de ses peurs, comment elle voulait vivre…elle lui dessina la maison de ses rêves, la ville qui l’habitait, ses parents qui lui manquaient. Elle caressa sa peau. Elle avoua avoir fait le mauvais choix de quitter ses parents ainsi. Un sentiment qui la déchire parce qu’elle ne pouvait faire marche arrière, mais qu’elle avait besoin d’eux dans sa vie et non de leur argent. Il embrassa sa lèvre inférieure doucement. Il lui avoua avoir un faible pour ses yeux et sa voix. Elle lui caressa le visage. Il lui susurra à quoi ressemblait l’odeur de sa peau au creux de son oreille. Elle lui dit qu’elle ne s’était jamais senti aussi bien depuis plus d’un an et qu’elle ne savait pas si c’était le vin ou… Il inspira sa peau, embrassant son cou. Il sentit son odeur se mélanger à sa respiration. Et ils se mélangèrent pendant une heure, buvant vin et salive, croisant et recroisant vingt doigts, se brûlant de regards, mais sans aller plus loin. Il anima son désir, écouta ses pensées et sans faire de cette nuit, celle qu’elle regretterait plus tard, il la prit dans ses bras et lui avoua mourir d’envie de la sentir dormir comme ça.

dimanche 17 janvier 2010

When the sun goes down (10)


L’ombre du souvenir

-L’ombre de ton corps est super belle derrière vos rideaux beiges le soir.

Le dos tourné, elle sentit un froid parcourir tout son corps, et le verre qu’elle venait de remplir tomba aussitôt de sa main. Elle recula d’un pas. Elle hésita à se retourner. Elle reconnut sa voix. Le temps défila très lentement, comme un mauvais film au ralenti, au son d’une musique venue d’ailleurs. Les battements de son cœur prirent le rythme de son morceau qui passait au moment même. « I feel like I’m on a high » …Il était juste là devant elle, le même regard pervers, et en plus un sourire narquois, provocateur, et vicieux. Elle était à nouveau paralysée. Elle chercha du regard l’un de ses gars.


«Tu peux appeler les gardes ma belle, je m’en vais de suite. » Il but d’un cul sec la moitié de son verre de whisky et se faufila dans la foule.

-B- s’effondra sous le bar. Elle fut prise d’une crise de larmes et de tremblements qui s’emparèrent de tout son corps.

-Mon dieu –B- qu’est ce qui s’est passé ? Tu es dans tous tes états, attends je fais le tour.
En se penchant, Meriem vit le petit corps de son amie tremblotant. Elle crut savoir ce qui s’était passé durant les quelques minutes où elle avait disparu. Un brin de culpabilité lui traversait l’esprit alors qu’elle passait sous le petit comptoir.

-Tu l’as revu ? Il est ici ? Il t’a parlé ? Dis-moi –B- s’il te plaît. Meriem essayait de soutirer quelques paroles à sa copine tout en la calant pour l’aider à se relever. Elle chercha –M- du regard, qui se dirigeait déjà vers elles. Il s’était arrêté pour saluer un ami et n’avait rien vu de la scène. Quand il vit –B- s’appuyant sur Meriem, il crut d’abord à un malaise.

-Tu veux que j’appelle un médecin ? Qu’est ce qu’elle a ?
-Non, je ne pense pas que ce soit nécessaire. Elle ne veut rien dire depuis 5mn, mais je pense que c’est Ducon qui s’est repointé.
-Eh meeeeerde. Je vais faire un tour voir s’il est toujours là et appeler le gérant par la même occasion.
-Non, dit –B- avec une voix à peine audible, il est parti. Il est rentré.
-Comment ça, il est rentré ? s’exclama Meriem
-Il sait où j’habite…Il est juste passé me dire qu’il savait où j’habite…Je suis dans la merde.

-B- ne cessa de pleurer tout le long du chemin vers la petite salle d’en haut. Quand ils arrivèrent, elle s’affala sur le canapé, s’essuya les yeux et prit son air que lui connaissait –M- . Le même air que lors de son agression. Elle fixait la table, le regard vide mais son corps continuait à trembler. Meriem la prit dans ses bras

- Ca va aller ma chérie, si tu veux viens chez moi ce soir. Et demain, on retournera voir les flics.
-Non, deux filles seules ce n’est vraiment pas sur. Elle viendra chez moi ce soir. Dit –M- avec un ton assez sérieux mais qui intrigua tout de même Meriem. Elle ne put s’empêcher de sentir une pointe de jalousie face à cette décision rapide et radicale, mais elle pensa à la sécurité de son amie.
-Oui, ce serait peut être mieux. Je passerai un bout de la soirée avec vous puis je rentrerai chez moi. Finit-elle par dire.

samedi 16 janvier 2010

Ring of fire



Pas que je sois réellement fan de Country music...mais pour ceux qui ne connaissent pas encore Johnny Cash (comme moi il y a quelques heures déjà) il était l'un des pilliers de la old school country...Un destin tout de même impressionnant que j'ai pris plaisir à découvrir ce soir avec le film qui lui était dédié "walk the line". Une découverte d'un artiste, d'un génie me diriez-vous...j'ai bien sur pris plaisir à écouter et à découvrir ses morceaux dont je ne connaissais justement que l'air de "I walk the line"...mais bien audelà de ça...sa rencontre avec June Carter m'a littéralement frappé. Une histoire qui s'est construite maladroitement, mais qui a finit par les réunir jusqu'au 73 ans de June, âge auquelle elle déceda. Trois mois plus tard, Jhonny la rejoigna. Une passion inmesurable...On aurait du mal à croire que ce genre d'histoire d'amour puisse avoir lieu dans la vraie vie...Ce film m'a retournée que je voudrais déjà le revoir et le revoir et le revoir.
Et comment ne pas aimer Reese dans son interprétation de June?
Dans sa petite voix aigue et ses interprétations scènique? Le temps d'un film, Joaquin était Jhonny dans toute sa complexité, dans tous ses boulversements. C'était tout juste criant de vérité.

Cela fait quelques jours que je regarde des films sans trop d'interêt, sans être frappée (j'aime ce mot oui :) parce que c'est ce que j'aime ressentir au sens figuré (ou propre) du terme mais pas violent...c'est bizarre comme sensation, mais c'est comme si le film vous secouait durant deux heures, comme s'il vous prenait par le noeud de l'estomac, et vous le sentez presque s'arracher comme avant un premier rendez-vous) . Ce soir j'ai été frappée par la vérité des sentiments, par les turbulences des vies, des choix, des seconds choix...par la force du destin aussi, mais surtout par la force de la volonté.

Un destin incroyable, une histoire qu'on a du mal à croire réelle pourtant retranscrite comme telle. Je vous invite à le voir si ce n'est pas déjà fait ou à partager votre avis.

Une petite note que j'ai lu sur le net à propos de Cash:

Peu de temps après la mort de June, il fit une brève apparition pour chanter une dernière fois "Ring of fire", il s'adressa à l'audience et leur parla de June:
"The spirit of June Carter overshadows me tonight with the love she had for me and the love I have for her. We connect somewhere between here and heaven. She came down for a short visit, I guess, from heaven to visit with me tonight to give me courage and inspiration like she always has."
Un coup de coeur que j'ai aimé partager ici, j'espère n'en avoir pas trop dit...quoique...

vendredi 15 janvier 2010

When the sun goes down (9)


Qui est –M- ?

-M- ou le mélange de cultures, de vies, d’événements…Celui qui cultive le mystère aujourd’hui, en a tout bonnement fait un code de vie. Alors si on devait dévoiler ici même ses secrets, on en choisirait les plus importants faute de temps. Ceci dit, on n’oubliera pas de citer une enfance presque épanouie et complète. Puisque, dans la famille de –M- la culture, l’art, la politique, et l’économie, faisaient bon ménage. Mélange indissociable pour des parents artistes qui se sont mariés jeunes par amour avec une vision utopique de la vie. –M- fut donc bercé dans cet environnement. Entre une éducation à la fois rigide et libérée, où les dessins animés n’étaient permis qu’une demi heure par jour et le jeu d’échecs, une pause ka quotidienne, où la liberté d’expression était primordiale commençant en famille pour finir en société et l’autonomie un concept de rigueur . A un âge très précoce, le caractère de –M- s’affirma. A l’école il disait déjà tout haut, ce que ses copains de classe pensaient tout bas. Il fut à maintes reprises exclu du cours pour avoir corrigé un mot en français ou une fausse information à l’un de ses professeurs. Il avait aussi hérité de ses parents ce côté têtu, cet acharnement et le fait de rester sur sa position lorsqu’il était convaincu d’avoir raison. Plus tard, il cultiva une autonomie étonnante. Ses parents mirent un point d’honneur à l’envoyer dans diverses colonies, camps de scoots, séjours linguistiques et autres programmes pour meubler ses vacances et lui apprendre tout sur la vie sociale dès son plus jeune âge. Il en apprit beaucoup de cette période de son enfance. D’ailleurs, il garda en mémoire chaque souvenir, chaque moment, chaque rencontre, chaque amitié faite et défaite au gré de la distance. Il prit l’habitude de ne plus s’attacher à ces personnes dont la relation qui les unissait était éphémère. Il en résulta un phénomène étrange chez –M- : il était incapable de s’attacher à long terme à d’autre personnes que ceux de sa famille. Les jeunes filles amoureuses en souffrirent plus tard. A l’âge où les histoires d’amour battaient leur plein et où les jeunes vivaient des histoires sans problèmes ni contraintes, perdus dans le temps et l’espace, livrés au plaisir seul des sentiments…-M- était du genre à fixer les limites dès le départ, à prévoir la fin avant le début. Etait-ce une prise de fuite par peur d’être lâché à son tour, ou alors un détachement qu’il avait cultivé au fil des années. Notre psy parlerait peut être d’une autosuffisance acquise après un long apprentissage. –M- en était bien conscient. De ce fait, les voyages n’étaient pas pour lui le grand carrefour des choix comme pour les jeunes de son âge, mais plutôt un destin inévitable, une recherche incessante du ‘toujours plus’, de cette soif d’apprentissage inculqué dès son plus jeune âge.

Assez tôt –M- comprit le combat de ses parents…l’art dans toute sa splendeur, tout cru, tel quel, des mots qui résonnent et matraquent l’esprit chétif du tunisien in intéressé. Homme et femme de théâtre, la parole était leur ’must have’ , leur raison d’être. Faire passer la parole au détriment de tout, et parfois même aux dépens d’une liberté conditionnée. Ils osaient l’abord de tout, de l’intégrisme à la décadence des mœurs, en passant par un contexte économique critique, des problèmes géo-historiques. En grande gueule qu’ils étaient, et gauchistes, ils voyaient la vie autrement. La liberté d’un art constructif et messager. Un combat incessant qui se termina par une cure de deux ans au Liban. Les chemins du fils et de ses parents se séparèrent une première fois là. Ils partirent deux ans pour écrire une nouvelle pièce à Beyrouth, lui choisit Paris…ni trop près, ni trop loin, vers de nouvelles rencontres et surtout pour des études de droits dans la plus prisée des facs « ASSAS »

Un destin peu commun me diriez-vous. Mais ce n’est pas tout ce qu’on vient de citer qui a fait de –M- ce qu’il est aujourd’hui. Il faudrait aussi parler de –M- l’étudiant en droit, -M- l’adolescent à la recherche d’une vérité…Celle d’un bien volé à ses grand parents, celle d’une grande demeure que son grand père affectionnait particulièrement et qui lui fit arrachée par une richesse familiale plus forte. Manque de papiers pour prouver quoi que ce soit avaient-ils dit.

Alors lui, son acharnement, son âme d’adolescent, son amour pour ce grand père exemplaire, son besoin de relever un défi et presqu’une promesse faite sur un lit de mort, partirent à Paris.
Paris fut la ville qui compléta –M- …surtout sur le plan affectif, ou dirais-je plutôt sur le plan physique, s’étendant jusqu’au plan psychologique des femmes célibataires, mariées, divorcées et veuves de Paris.

Cette multitude de rencontres aussi nocturnes que diurnes fit de –M- non pas un personnage excentrique mais quelqu’un de sociable (certes) et cultivant un inébranlable et impénétrable mystère. Ce fut le fameux ‘côté mystérieux’ qui les attacha toutes une à une à lui, comme un aimant à double face tranchante.

Il ne s’en éloigna pas de son objectif pour autant, celui de rendre justice à ce grand père trahi par la famille. Il étudia ardument, mais surtout s’entraîna sur le pouvoir de la manipulation psychologique en utilisant comme cobayes, ses rencontres. Tout était bon à prendre. Tout pouvait être profil intéressant. Commençant par le plus simple, manipuler des femmes en se basant sur sa belle gueule et son pouvoir de séduction, il garda comme ligne de mire, les hommes et surtout…les hommes de pouvoir. L’affaire pour lui n’était pas simple. Mais il se savait assez intelligent pour réussir son coup. Manipuler juges et jurées, médias et avocats. C’était un plan pas très commode, et peut être pas effectif, mais il y croyait.

La vie nocturne de –M- était comme il l’appelait ‘sa journée qui commence’. Et le king Size, le QG de ses rencontres. Parfois, c’était une charmante jeune femme qu’il fréquentait quelques temps et d’autres c’était une femme d’un soir et pourquoi pas des femmes d’un soir. L’expérience jusqu’au bout…varier et multiplier les plaisirs, mélanger plaisirs et recherches, fusionner le tout et garder le contrôle. Il vécut des expériences extrêmes et une exploration du monde sexuel, parfois frôlant la dépravation, très intense. Aucun plaisir n’avait de secret pour lui. Tour à tour initié et initiateur, il était devenu la cible de certaines femmes en manque de sensations fortes et dont la réputation de –M- faisait suer le soir en attendant qu’elles réussissent à le séduire et à le ramener dans leurs lits assouvir leur fantasmes les plus fous.

mercredi 13 janvier 2010

When the sun goes down (8)


-B- ou le retour sur les lieux du crime

Mercredi soir, 20h tapante, -B- se rongeait les ongles devant son placard. Elle ne savait toujours pas si elle allait revenir au King Size ou pas. Elle passa une semaine affreuse, entre témoignage contre celui qui avait tenté de la violer, ses démons resurgis de son enfance, et ses états d’angoisse qui reprirent de plus belle. Elle prit son cellulaire et composa un numéro.

Au bout du fil, ce n’était pas –C- mais Meriem. Elle chercha un conseil au près de sa copine. Cette dernière, lui proposa de l’accompagner, la conseillant de faire face à cette angoisse pour pouvoir la dépasser. Elle irait une fois ou deux, après quoi, elle déciderait si ça l’intéressait toujours de travailler ou pas. Selon Meriem, c’était important pour pouvoir évaluer le degré du choc, de réapprivoiser les lieux afin de mieux dépasser cette dure épreuve. Elle n’en était pas si sure. Mais à ce stade, elle était incapable de réfléchir sur ce qui était le mieux pour elle, alors autant tenter ce qui pourrait la guérir. Par ailleurs, elle n’arrivait pas à chasser –M- de son esprit. Elle savait maintenant qu’il serait là-bas pour elle, du moins c’est ce qu’il avait dit. Alors elle irait humer son odeur encore une fois.

Meriem passa la cherchait quelques temps plus tard. –B- s’était faite belle, pour sa rencontre avec les lieux du crime, pour avoir confiance en elle et pour –M-

La vue du club fit l’effet d’un clash sur son corps. Une fois à l’intérieur, l’espace lui sembla petit. Comme si les murs se rapprochaient, qu’ils allaient finir par l’écraser. Elle trouva que le club manquait d’air. Elle sentit une lourdeur (puante) qui accablait ses poumons. Elle savait très bien que ces sensations étaient le fruit de son état psychologique, alors elle s’appliqua à les dépasser. Son patron vint à sa rencontre, dès qu’il l’aperçut. Quand il apprit la nouvelle, il l’appela immédiatement pour prendre de ses nouvelles. Il avait dit qu’il comprendrait tout à fait si jamais elle se décidait à arrêter. Il fut surpris de la voir ce soir là.

-Tu es venu finalement…Je suis content. J’ai prévenu Mamadou, il te surveillera de loin toute la soirée et te raccompagnera après. On renforce toute la sécurité dans le club. Ce qui s’est passé est grave et ne t’inquiète, ça ne passera pas sans prise de nouvelles mesures.

Elle avait envie de lui dire ‘c’est bon, stop, j’ai envie d’oublier…pas la peine de m’enfoncer encore plus’ mais ça se voyait qu’il était si embarrassé et qu’il se sentait quelque part responsable de ce qu’elle avait subi. Elle appréciait toute fois sa gentillesse. Alors elle décida de sourire, et de se mettre au travail.

Meriem pris place au bar. Juste devant elle. Ce soir, elle serait le coach de –B-. Elle voulait aussi savoir si –M- serait là ou pas.

Certaines soirées bien que ressemblant à tant d’autres vous habitent, vous hantent. Bien que la même odeur, bien que les mêmes personnes se trémoussant sur un fond de house, bien que les mêmes gestes qui se répètent. Certaines soirées s’impriment dans votre mémoire et constituent après des segments de souvenirs imprégnés d’odeurs, de clichés, de moments figés. Pour –B- cette soirée là en était une. Dans le brouillard de sa tête, elle le distinguait…et pourtant quelque chose lui disait qu’elle n’était pas prête. Elle ne pouvait s’empêcher de l’associer à ce monde nocturne répugnant. Il provoquait en elle à la fois une répulsion mentale et une attirance incontrôlable, à la limite chimique. Encore un sentiment schizophrénique comme tant d’autres qu’elle se connaissait. Elle en conclu qu’elle pouvait s’en passer. Intérieurement, elle la prit cette décision. Elle le salua de loin et fit mine d’être débordée par les commandes. –M- s’avança vers elle, fixant un certain point du bar. Elle en était étonnée. Elle partit loin dans ses réflexions, pensant déjà à ce qu’elle allait lui dire, quand elle fut surprise par une attachante séance d’embrassade. Meriem se tourna vers sa copine et par un geste de la main fit ce qu’on pouvait deviner les présentations.

--M- un ami de longue date, -B- une de meilleures amies ici.

-B- ne savait que faire, elle regardait –M- qui la fixait sans rien dire. Elle le connaissait, oui. Mais qui était-il vraiment ? Une connaissance d’un bar ? Son sauveur ? L’homme dont le regard l’envoûtait ? Elle avait déjà décrit à Meriem cet homme mystérieux et si attirant qui l’avait sauvé. L’avait-elle reconnu dans sa description ? Encore plus qu’avant, tout s’embrouillait dans sa tête, alors elle sourit et dit : -Je pense que j’ai du le voir une fois ou deux ici. C’est un habitué.
Elle n’avait pas pour habitude de se rétracter de cette façon, de ne pas dire les choses telles qu’elles sont. Mais cette fois-ci elle avait besoin d’en savoir plus, de déchiffrer ce regard d’une amitié de longue date entre sa copine et un homme qui préoccupait ses pensées (nocturnes). –M- avait un regard déstabilisant, de ceux qui contrôlent tout à distance. Des yeux qui commandent qu’elle lui parle, qu’elle le regarde, qu’elle se fasse belle, qu’elle passe à l’ombre au moment des présentations. Elle voulait que cette décision soit sienne, elle s’est fait croire qu’elle était sienne. Pourtant c’était bien ce regard qui avait tranché. Qui était-il vraiment ?

mardi 12 janvier 2010

When the sun goes down (7)


Qui est –C- ?
Pour raconter l’histoire de –C-aujourd’hui, il faudrait d’abord se mettre dans le contexte de son évolution. –C- était l’étrange mélange d’une vie fragmentée. Parce qu’elle a toujours vécue loin du monde et dans le monde. Imprégnée jusqu’au cou des valeurs sociales. C’était une fausse rebelle. Pour se situer mieux dans le contexte de son enfance, il faut savoir que –C- avait vécue jusqu’à ses seize ans dans certain milieu social. Son père était riche (il l’est toujours) possédant ça et là quelques biens immobiliers, un hôtel et des relations haut placées un peu partout. Elle n’eut manqué de rien à ce jour, si elle n’avait pas fait le choix de se mettre du côté de sa mère quand son père commença à aller voir ailleurs et abandonner à petit feu sa femme. A vrai dire, elle avait toujours aimé ce père tant imposant mais parfois tant absent. Parce que, absent il l’était, mais quand il était là, il n’avait d’yeux que pour sa fille. Elle lui ressemblait beaucoup, tant physiquement avec ses boucles châtaignes et ses yeux étirés que moralement. Ils se complétaient. Elle voyait en lui, la force et la détermination à atteindre tous ses buts et aspirait à puiser de son esprit analytique et tactique. Mais la jeune femme sensible qu’elle était déjà à seize ans lui dicta qu’il fallait épauler cette mère trahie et abandonnée. Inutile de dire qu’autant l’amour que lui portait son père était fort et violent, autant sa réaction fut vive face à cette prise de parti. Et à dix sept ans, -C- emménagea avec sa mère dans un petit studio de villa et entama une nouvelle vie un peu plus compliquée que celle qu’elle avait vécue jusque là.
-C- ne parlait pratiquement jamais de la vie qu’elle avait menée avec sa mère dans ce quartier populaire pendant trois ans. Elle taisait la souffrance des regards, la fatigue qu’elle ressentait tous les soirs en rentrant de son plateau de télé performance. Elle cachait sa double vie à ses amis. Elle vit trois ans de son existence, coupée de la vie sociale. Elle vit trois ans avec une seule personne : sa mère. Cette dernière, bien qu’affectée par son divorce soudain, avait gardé un calme surprenant. Voir même, une certaine joie de vivre. Beaucoup aurait cru qu’elle était insensible, ou qu’elle attendait ce moment de libération. Mais son attitude tenait beaucoup plus d’une force exceptionnelle que d’une insensibilité. Quand –C- eut son bac, elle choisit d’intégrer l’école des beaux arts de Tunis, passionnée qu’elle était de ce domaine. Elle aurait tant voulu étudier l’histoire de l’art dans une école en France ou à Venise. Mais comme on pouvait le deviner, l’argent faisait défaut. Très tôt –C- prit conscience de l’importance du matériel, basculant d’une vie à une autre, ayant fait le choix de la misère et des rêves brisés, elle éprouvait une haine passionnelle pour les billets verts. Bizarrement, elle s’entourait d’hommes riches, qui dépensaient beaucoup d’argent et s’appliquaient à céder à tous ses caprices. Elle se détestait pour avoir ce comportement. Mais elle ne pouvait y échapper. C’était involontaire. Son psy lui avait dit un jour, que c’était une recherche désespérée d’une relation amoureuse pour combler celle absente avec son père, l’argent étant un facteur très influent dans les changements subis depuis le divorce de ses parents. Mais elle n’y croyait pas trop. C’était trop facile, trop banal. ‘Avoir fait quatre ans d’études pour sortir ces conneries’…Elle décida de ne plus consulter.

On aurait peut être approfondi cette analyse, on aurait su qu’elle ne cherchait pas son père, qu’elle ne cherchait pas l’argent. Qu’elle était intérieurement tiraillée entre son envie de se venger de l’abandon de son père, celle de lui prouver qu’elle peut trouver un homme aussi bien que lui si ce n’est mieux que lui, et le poids d’une société qui utilise le filtrage comme mode d’emploi. Elle ne voulait pas être écartée du système, comme elle l’a été de sa famille. Toute cette tourmente faisait qu’elle enchainait les relations dans la quête d’un absolu qu’elle n’arrivait pas très bien à cerner. ‘De toute façon, l’homme de ma vie ne s’est pas encore présenté.’ Pensa-elle.

Alors elle s’appliqua dans ses études. Le diplôme, elle l’a obtenu avec mention. C’est à ce moment là que le père qu’elle connut fit son comeback, lui offrant la possibilité d’exaucer l’un de ses rêves : faire un master en histoire de l’art à Paris. C’était en quelques sorte un ‘mea culpa’ déguisé sous la forme d’un cadeau d’obtention de diplôme. Tout était offert par la maison : les frais d’inscription, le logement, et une petite somme mensuelle pour les dépenses au quotidien. Elle pensa refuser l’offre. Mais en y réfléchissant bien, elle ne voyait aucun héroïsme dans son refus et encore mois de réconfort. Les cicatrices étaient bel et bien là, indélébiles. Alors si la rancœur n’avait pas réussi à colmater les brèches depuis tant d’années. Peut alors que cette BA allait pouvoir l’aider à tourner certaines pages de sa vie. Elle plia aussitôt bagages pour la grande aventure.
C’est à Paris que –c- fit la connaissance de ceux qui allaient constituer son entourage aujourd’hui : Amine, -B-, Majdi, Said, Karim, et Wiem. Sa première année amoureuse fut ponctuée de relations éphémères, qui ne duraient pas plus d’une semaine en général. Ca correspondait à peu près à la vie qu’elle menait. Sans planification, vivant de l’art et pour l’art. Vivant quelques fois de passions tumultueuses où elle se déchirait entre amour et raison. Et il faut dire qu’elle adorait ça. Jouer au martyre. Mais elle voulait le jouer seule. Sans que personne ne le sache. Sans que d’autres voient cette détresse qu’elle se créait. Là encore le psy aurait dit, que depuis que tout était plus ou moins stable entre son père et elle, elle était en manque de drames et de nœuds. Mais la connaissant un peu mieux, nous on dirait que son tiraillement la suivit jusqu’à Paris, entre son envie de s’envoler, de vivre aussi libérale que libérée et le poids de la société tunisienne qui la suivait toujours : Son père qui voulait la voir devenir quelqu’un, sa mère qui voulait la voir stable dans un couple harmonieux, et ses amies qu’elle laissa à Tunis toutes mariées ou fiancées. En cours de route, entre soirées arrosées et crises de solitude, entre deux rencontres, elle fit celle de Amine. Profil quasi parfait. Jeune comptable, tunisien, bonne famille. En quelques mois, il réussit à devenir son meilleur allié, son ami et plus tard son amant. Quand elle se sentit embarqué, elle tenta de s’éloigner. Il réussit toujours à la rattraper d’une manière ou d’une autre. La vie semblait plus calme avec lui, plus sereine. Ses démons prirent plus de congés, la laissant savourer un état d’esprit calme pour de plus longues durées. Elle cacha à Amine son jeu de martyre et continua tout de même à le pratiquer, toujours toute seule, mais moins souvent qu’avant. Elle se l’interdisait par moments. Elle pensait que dans une relation de couple sérieuse, on se devait d’être stable dans tout. Adieu insomnies, changements d’humeur, solitude voulue, adieu le fait d’agir au grès des envies, d’éteindre son téléphone sans prévenir…adieu crises larmoyantes et peurs plurielles… Elle s’efforça d’adopter un nouveau mode de vie pour coller à ce bonheur qui lui tendait les bras. Tout frais, tout pimpant, formule complète : amour, respect, bonne situation, argent, travail, maison, voiture, mariage, bébé…et divorce.
Malgré tous ses efforts pour accéder au bonheur platonique, bien connu sous la forme d’une vie confortable, elle commençait à s’ennuyer grave. Elle avait même fait superposer son emploi du temps à celui d’Amine. Ils se voyaient tous les jours, sortaient partout ensemble, partageaient tout. Elle avait fait le mauvais calcul. –B- l’avait pourtant bien prévenue, l’avait conseillé de respirer au niveau du couple. Elle était aveuglée par son objectif : se conformer à cette situation, aimer cette vie. Finalement ça ne devait pas être si moche d’être comme les autres, se disait-elle. Mais elle ne pouvait plus échapper à cette lourdeur que l’accablait. –C- si sociable, si ouverte aux rencontres se retrouva à passer la moitié ses soirées seule dans son appart (l’autre moitié elle la passait avec Amine).
Conséquence inéluctable de ce rythme de vie, le salut intellectuel, le pêcher virtuel…internet lui tendait les bras vers la découverte. Avoir des amis des quatre coins du monde, la quatrième dimension chez soi, tranquillement assise sur son canapé. Lui, fut une rencontre virtuelle pour laquelle elle succomba. Inconsciente de cette descente irréversible, elle croyait contrôler la situation…et surtout contrôler cette relation parce que derrière un écran. Elle faisait confiance à ce 17 pouces pour la protéger. Cependant –C- aimait tout ce qui était nouveau, alors elle prenait plaisir à imaginer un personnage comme quand on le lit dans un livre. Le fait que ce personnage existe vraiment dans la vraie vie constituait pour –C- une dimension surnaturelle et une envie irrésistible de toujours en savoir plus. La rencontre en elle-même ne l’intéressait pas, ou du moins jusque là, ne l’intéressait pas. La confrontation avec la réalité allait peut être la décevoir, ou au contraire créer en elle un besoin d’en avoir plus. Dans les deux cas, ce n’était pas ce qu’elle voulait. Alors avec son correspondant mystérieux, elle jouait au ‘teasing’, au mystère, à ‘on a tout en commun et rien en commun’…mais surtout au désir refoulé.
Avec lui, elle se dévoilait mais à petits pas, en tâtant le terrain, à travers ses réactions. Elle explorait son côté obscur, ses peurs, ses faiblesses, avec lui. Une psychanalyse dont son ex psy aurait été incapable de mener. Elle ne savait pas s’il la jugeait ou pas, mais en tout cas, il n’en donnait pas l’air. Elle avait donc pris la décision de ne pas le rencontrer, cela la rassurait sur tous les plans, mais surtout par rapport à Amine qui ignorait tout de cette complicité d’esprits. Au fait, elle cachait ce côté de sa vie même à –B-, qui avait toujours été au courant de tout. Cette fois, elle le gardait bien au fond de son ordinateur et puisqu’il y resterait, elle ne voyait pas l’intérêt d’en faire tout un plat.

lundi 11 janvier 2010

On se les gèle à Paris


Comment voulez vous que j'écrive quand il fait -10 dehors? Oui, certes, je devrais avoir comme ambiance, la chaleur de l'intérieur, un bon chocolat chaud, une musique inspiratrice et une vue de par ma fenêtre sur un "white landscape" et là ça démarre sans peine...sauf que non, ça bloque...ché pas pourquoi. Non décidément, je ne suis pas habituée à ce genre de froid :o
Ps: Tiens un petit coucou de là où j'habite. Ce jour là, le soleil nous a rendu visite quelques heures...je n'ai pas raté ça (il faisait 0° quand même hein!!)

When the sun goes down (6)



Dimanche à Paris
Dimanche à Paris…les brunchs, rendez vous hebdomadaires des bons vivants ’non moins stressés’ de Paris, étaient ce qui définissait cette journée de repos. –B- n’avait plus d’argent pour s’offrir ce luxe dominical. Elle se contenta de s’assoir lire un livre à la place Beaubourg. De toute façon, elle n’était pas d’humeur à bruncher. La journée était suffisamment ensoleillée pour qu’elle puisse programmer un moment de solitude à même le sol avec juste du coca et des cacahuètes achetées à très petits prix au casino du coin. « Putain, même Monoprix dépasse mon budget. » La vue du spectacle que donnaient les breakdanceurs de châtelet, lui fit oublier son état mélancolique momentanément. Elle applaudissait au rythme des performances. Elle se sentit libre pendant quelques minutes, oubliant le ‘King size’, ses problèmes d’argent, ses parents, ses amis, sa famille, son ex, -M-, oubliant jusqu’à sa vie. Un moment qui serait juste venu d’ailleurs, d’un éden, d’une divinité invraisemblable, si ce n’était pas la vue de son ex, qui vint gâcher le tout. Elle fit mine de se cacher derrière son bouquin, elle plongea toute sa petite figure dans les pages de ‘Millénium’ , mais elle l’entendit quand même.
--B- ? C’est toi ? disait-il en essayant de deviner le visage qui se cachait derrière le livre. Elle releva sa tête, faisant semblant d’être surprise, et le regarda, esquissant un faux air de joie. En réalité, elle ne l’était point. Elle avait certes les membres qui tremblaient, un peu stressée et mal à l’aise par cette rencontre non voulue comme le serait une jeune fille célibataire qui apprendrait sa grossesse. Mais elle n’avait surtout pas envie de le voir. Ni lui, ni ses amis d’ailleurs, ni tout ce qui pouvait constituer son monde ou qui avait pu à un moment donné de sa vie construire leur monde à tous les deux. Elle haïssait son air joyeux qui semblait dire ‘hé regardez moi, tout est super pour moi, I’m the lucky one’. Elle détestait ses faux semblants et cette façon qu’il avait de normaliser chaque événement. Etait ce de la superficialité voulue, ou était-il vraiment si terre à terre qu’il croyait vraiment qu’elle apprécierait le revoir ? Toujours est-il qu’elle prit son air le plus hypocrite pour lui dire dans un sourire digne d’une publicité pour dentifrice :
-Ah quelle bonne surprise…Ca alors ! Ca fait un bail. Comment vas-tu ? Majdi fit une tentative non concluante essayant de la prendre dans ses bras- ce câlin était pour lui l’expression de la force d’un sentiment : joie, amour, attachement etc…Cela dépendait des circonstances et du sentiment en question, mais il enlaçait tout le monde au grès de ses envies et des événements. Elle fit semblant de trébucher et recula deux pas en arrière.
-Oui moi ça va. La routine habituelle quoi. Là on est entre potes et on va se mettre dans un bar, pour regarder le match. Il dit le match, comme si elle savait de quoi il parlait. Ca devait être un match où son équipe jouait pour qu’il le dise sur ce ton. Elle était bien contente d’en être déconnectée.
-Ah oui le match, dit-elle machinalement.

-Dis, je peux t’appeler tout à l’heure ? Le connaissant, il n’aurait pas pu l’éviter celle là, ou du moins une phrase dans le genre. Elle s’y était préparé des journées entières et des nuits d’insomnie, alors elle répondit tout aussi machinalement :
-Non…Bonne cuite et bon match, je dois y aller moi…Good to see u
Majdi n’eut pas le temps de la réplique, qu’il la vit partir. Elle avait le visage pâle, peut être triste pensa-il, mais son regard était saisissant de beauté tellement il dégageait la mélancolie qu’il lui connaissait.

Quelques stations de métro plus loin, chez-C-

-C- avait depuis peu disparu du champ de vision de –B-. Cette dernière y était habituée, non pas qu’elle appréciait. Mais elle comprenait le besoin de solitude de –C-. Ce qu’elle aimait moins c’était le fait que la plupart du temps, les disparitions de –C- étaient généralement le fruit d’une rencontre compliquée ou assez bizarre avec un homme. Mais elle éloigna cette hypothèse, puisque depuis qu’elle sortait avec Amine, -C- avait plus ou moins trouvé la stabilité qu’elle cherchait tant. Cet après midi, et ne sachant pas comment finir ce week end désastreux qu’elle venait de vivre, -B- décida d’aller prendre des nouvelles de son amie déclarée ‘wanted’ depuis peu. -C- s’apprêtait à entamer un délicieux moment de micro-cam sur Skype, quand elle entendit sa porte sonner. Elle hésita deux secondes à ouvrir. –B- cria à l’autre bout : Je sais que tu es là, la gardienne m’a ouvert et me l’a dit. –C- n’eut plus d’autre choix que de se lever alors pour aller ouvrir à sa présumée meilleure amie. Elle tapota quelques mots sur le clavier avant : Une amie à moi vient d’arriver. Désolée, on se reparlera tout à l’heure.
-Mais alors, qu’est ce qui se passe ? Tu ne veux plus me voir ou quoi ? Lança –B- en entrant chez sa copine et se dirigeant directement vers le séjour.
-Mais n’importe quoi, j’ai tout simplement pas entendu la porte, j’étais aux toilettes. Alors comment vas-tu ?
-Ben c’est à toi que je demande ça. Depuis vendredi, plus de nouvelles. Tu es censée au moins m’appeler pour savoir si j’ai été prise ou pas.
-Ah, c’est vrai, désolée ma chérie. Alors ? dit la jeune femme au facies de bébé. Elle prit quand même soin de laisser exprimer un petit air de ‘mea culpa’ sur son visage.
-Ouais, c’est bon…m’enfin, il y a plein d’autres trucs qui se sont passés depuis…Mais attends toi, c’est quoi cette tenue super sexy. Tu sors ce soir ? -C- portait une robe bleue, un peu Bobo, mais qui laissait exprimer son joli décolleté. Elle était pieds nus, les cheveux attachés d’une façon faussement négligée et son visage finement maquillé.
-Non, non…enfin j’allais sortir, mais j’ai eu la flemme. Tu me connais. Pour cela elle la connaissait oui, –C- ne savait pas très bien mentir et cela se voyait sur son visage. Son teint clair virait au rose et ses mots s’entrechoquaient. –B- cherchait partout des indices dans son appart : un gilet masculin, une odeur de parfum, un paquet de clopes…Rien ne traînait. Pourtant, elle était sure qu’un mec se cachait derrière cette attitude douteuse. Peut être Amine allait-il venir la chercher tout à l’heure ? Ou peut être un autre. Elle fit alors semblant de vouloir rester pour le diner chez son amie et l’invita à une pizza partie.
-Allez comme au bon vieux temps, on télécharge un film et c’est moi qui paie les pizzas. « J’en saurai plus suivant sa réaction. » Se dit-elle
-C- s’excusa prétextant une quantité de travail qui lui restait à finir pour le lendemain.
-Tu connais Patrice, s’il n’a pas son rapport demain 9h, je suis virée. On ne va pas être deux dans la merde. Je dois pouvoir t’aider. Lança-elle dans un sourire presque jaune.
-Bon d’accord, on fait ça demain si tu n’as rien de prévu. De toute façon, j’ai tout le rituel du dimanche soir à faire : le bain, les mails, la cuisine etc…donc on fera ça d’une manière plus organisée.
Quand –B- partit, -C- reprit sa place devant son pc et tapa : Je suis de retour, si tu es là, fais moi signe La fenêtre clignota : Toujours là pour toi belle étrangère.