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mardi 5 janvier 2010

When the sun goes down (4)


Samedi soir au King Size

Elle le vit s’accouder au bar et commander un shot à Matias, son cœur se mit à battre fortement. Elle ne savait même pas pourquoi…Il avait peut être la gueule de l’emploi…’salaud’ comme tant d’autres, comme ceux qu’elle a toujours aimé, comme ceux qui l’avaient souvent attiré. Psychotique ? Schizophrène ? Sadique ? Qui était-il enfin ? Elle mourrait d’envie de savoir. Mais elle se promit de ne pas se laisser aller cette fois. Elle voulait tout simplement se concentrer sur ses études de psychologie et ses écrits et pondre pour une fois ne serait ce qu’une ébauche de roman. « Ce boulot n’est que temporaire et il ne faut pas que je laisse aucune rencontre nocturne affecter ma vie normale. » Elle ne cessait de s’auto rappeler ces consignes…mais ses yeux, ses mains, son odeur qu’elle reconnaissait déjà, la douceur de sa voix…son regard…ses yeux, ses mains, son odeur, sa démarche…elle en était déjà ivre.
-Toujours des shots ou quoi ?
Elle regrettait déjà d’avoir engagé la conversation dès qu’elle prononça cette phrase. Elle était finalement incorrigible.
-Non pas toujours, parfois du vin pour les after auxquels tu ne veux pas te joindre.
Elle sourit timidement. Elle se connaissait tellement, se comprenait, savait ce que ce sourire timide voulait dire. « Ce n’est qu’une attirance physique, si ça se trouve, après une longue discussion, je me rendrais compte qu’il n’est pas du tout intéressant. » Et dire, qu’elle essayait de se rassurer…
-Tu as promis de rester ce soir, n’oublie pas
-J’ai dis une autre fois, je n’ai pas dis ce soir
-Oui, mais ce soir c’est samedi. Demain tout est fermé, il n’y a rien à faire à part la grasse matinée et surtout, il faut que tu changes un peu d’air le week end. Je te promets une fin de soirée différente même si on reste au même endroit.
Elle évita de répondre. Que lui fallait-il de plus pour s’éloigner de la tentation ? Une soirée chargée de travail, des gens déchaînés et déchirés à l’alcool. Elle se concentra tant bien que mal sur ses clients et évita de le regarder de la soirée. Il n’était pourtant pas bien loin du bar.
A 3 heures passées du matin, elle était déjà entrain de ranger ses affaires dans son grand sac fourre tout. –M- ne s’était plus montré. Et il semblait que ce soir, il n’y aurait pas de after. Le king size, était quasiment vide, et tout le personnel avait quitté. Elle se démaquilla rapidement. Prendre un taxi à cette heure était risquée et elle voulait éviter d’attirer les psychopathes nocturnes de Paris en se faisant la plus discrète possible. Dans un coin mal éclairé du club, elle se cacha pour reprendre son allure de jeune fille en toute tranquillité. Matias n’était pas encore rentré.
Elle partit en claquant la porte. Et fit quelques pas, puis décida de s’arrêter et d’attendre un taxi.
-Pourquoi vous avez rattaché vos cheveux ? Ils sont si beaux détachés.
Elle se retourna pour voir qui lui adressait la parole. Ce n’était pas Matias. Un homme qui frisait la quarantaine se tenait juste derrière elle. Il s’approcha. Elle put sentir l’odeur forte du whisky qui émanait de sa bouche ou de son verre encore à moitié plein.
Elle fit deux pas en avant pour s’éloigner de cet étranger et lui répondit d’un ton sec :
-Merci. Excusez moi je dois rentrer maintenant.
Elle fit mine de vouloir passer pour qu’il lui cède le passage. Mais l’homme assez soul à vue d’œil, la rembarra de sa main gauche, la collant contre le premier mur auquel son corps se heurta.
-Tu as cette peau que j’adore. Méditerranéenne n’est ce pas ? Je les connais. Elles ont le sang chaud, j’espère que tu es aussi chaude que celles que j’ai connues.
Il la bloquait fermement contre le mur, et tout en rapprochant sa bouche de sa nuque, il lui souffla au visage.
-Tu m’as tapé dans l’œil depuis hier soir. J’ai vraiment envie de sentir la chaleur de tes cuisses ma belle.
Elle détourna son visage afin de s’éloigner de ses lèvres qui tentaient de l’embrasser goulûment. Son pouls s’accéléra d’une manière explosive. Elle prit peur. Jamais elle ne pensa se retrouver dans une situation pareille. Elle en avait souvent fait le cauchemard, et à chaque fois la fin était la même : elle perdait la voix et ne pouvait crier, puis elle se réveillait enfin en sueur sans connaître ce qui aurait pu se passer. Là, elle y était bel et bien…dans la merde. C’était bizarre ces sentiments qui se mélangeaient, la peur, l’angoisse, la paralysie, l’envie de crier…le besoin de crier, de s’enfuir et de ne pouvoir le faire. Son bras la maintenait fermement et sa main pressait sa poitrine. Il maintenait sa bouche close. Elle essaya de se débattre.
-Tu en as envie, hein ? Pourquoi tu fais ta difficile ? Vous êtes toutes pareilles les arabes. Vous voulez passer pour les victimes, alors qu’au fond vous mourrez d’envie de vous taper des étrangers. Tu sais quoi ? Tu vas être servie ma chère…
Son corps se débattait sous l’emprise cet homme répugnant et des sons étouffés émanaient du fond de sa gorge. Il s’éparpillait dans ses gestes, essayant à la fois de la maintenir en place, de la toucher, de l’embrasser et de la déshabiller. Elle bougeait dans tous les sens essayant à son tour de le déstabiliser encore plus. Elle était consciente qu’elle ne pouvait faire autrement. Il colla sa bouche sur la sienne. Il commença à déboutonner son pantalon. Quelques larmes coulèrent sur ses joues. Elle ferma les yeux, s’abandonnant à son sort.
Une étrange sensation de légèreté fit l’effet d’un coup de fouet sur elle. Le corps de quadragénaire virevolta. Un coup de poing rapide et vif se fit suivre. Il se retrouva à terre. Elle leva les yeux encore en larmes vers son sauveur.
-J’espère que je suis arrivé à temps. Lui dit-il en la scrutant afin de pouvoir desceller un quelconque indice sur ce qui avait été touché de son corps ou pas.
Elle éclata en sanglots, en tenant son visage dans ses mains. Elle se replia sur elle-même, essayant de cacher ses vêtements à moitié déchiré. Il s’approcha d’elle, l’enveloppa de sa veste, la prit dans ses bras… « D’accord, ne parle pas tout de suite, libère…Viens, j’ai les clés. Si tu veux, on reste un petit moment, le temps que tu reprennes tes esprits. »
Il s’approcha de l’homme encore à terre, retira son portefeuille de sa veste, et composa un numéro son cellulaire.
« Allô…C’est pour porter plainte contre un certain Fabrice Duval pour tentative de viol…Il se trouve inconscient à l’instant même juste devant le king Size… Oui, je pense qu’il en a pour un petit bout de temps…Merci…Tenez moi au courant.»

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